De la course à l’introspection

De la course à l’introspection

“S’il y a bien quelque chose qui m’a surpris en cette période de confinement,

c’est de réussir à trouver une forme d’apaisement en moi-même”

 

Le regard des autres et le besoin de reconnaissance

Cette période de confinement en solo m’a permis d’observer mon environnement. Notamment l’environnement digital dont je fais partie, à savoir ma communauté d’amis, copines, collègues sur les réseaux sociaux. Ce qui m’a énormément marqué est que bon nombre de mes connaissances recherchent la validation d’autrui par la sur-exposition de leurs réalisations ou exploits, qu’ils soient sportifs, culinaires, ou d’autre ordre. Il faut afficher ses performances sur les réseaux, prouver qu’on est bon dans un domaine, voire même s’improviser coach sportif. C’est ainsi une façon indirecte d’obtenir des applaudissements ou des félicitations.

J’ai moi-même cherché cette reconnaissance pendant des années, jusqu’à ce que je fasse un travail sur moi et que j’arrive à en prendre conscience et à m’en libérer. Sortir du regard de l’autre a été comme lever les barreaux de ma propre prison, ouvrir un champs de possibles plus vaste et m’ouvrir à une immense richesse intérieure.

 

Mon expérience du confinement : être seule avec moi-même

Le début du confinement a été source d’insécurité pour moi. D’abord cette période inédite marque un tournant dans la vie de chacun. La limitation, voire la suppression de nos interactions sociales, la peur orchestrée par le gouvernement et engendrée par nos seules visites dans les grandes surfaces, la baisse ou carrément l’absence de revenus pour certaines activités dont la mienne, la peur du manque qui noue l’estomac et que j’aurais voulu chasser m’ont chamboulée.

J’ai eu plusieurs prises de consciences pendant cette période de confinement. Outre la peur du manque, mon métier-passion qui me fait tant de bien me manque. Et mes amis et ma famille aussi. Effectivement, j’ai réalisé qu’en temps normal j’évite d’être seule trop longtemps, et surtout je comble… Par des achats compulsifs, du chocolat, des sorties. J’ai pris encore plus conscience de l’insécurité de mon activité professionnelle, le massage n’est que du contact avec les autres. Je me suis demandé si je pourrais gérer mon stress sans mes longs runs et sans le crossfit.

Ainsi les peurs ont pointé leur nez, se sont invitées chez moi, et en ce temps de vulnérabilité, je les ai laissées entrer. Mais les maux psychiques se cristallisent dans le corps et je me suis donc blessée au psoas pendant ce confinement.

Le psoas, dit “muscle de l’âme” est le seul muscle du corps humain qui relie les jambes à la colonne vertébrale. Il permet d’assurer l’équilibre, de lever la jambe, et de marcher. Ce muscle est le siège des émotions primaires et notamment de la peur.

J’ai dû m’arrêter de courir à cause d’énormes douleurs qui me faisaient boiter pendant quelques jours.

 

Quoi retenir de cette expérience ?

Si je ferme les yeux je vois un gros panneau « STOP ».

Comment retrouver paix et sérénité sans nos occupations et distractions habituelles ? Finalement la réponse est déjà en chacun de nous, en cultivant nos propres ressources internes.

Cette période d’inactivité professionnelle forcée accompagnée d’un arrêt de rentrées financières m’a appris à me confronter à ma peur du vide, et donc de la mort. Seule avec moi-même c’est l’opportunité de travailler sur un bon nombre de choses… Mes angoisses, d’affirmer mon amour de la vie et de confirmer mes projets.

 

Vivre avec soi et se surprendre

En cultivant les moyens à portée de mains chez moi je me suis remise à lire, j’ai renoué avec le dessin, j’ai dansé, j’ai chanté, j’ai fait du sport en intérieur avant de me blesser, j’ai expérimenté de nouvelles recettes de cuisine végétarienne, j’ai médité, fait des exercices de respiration et de visualisation.

J’ai donc trouvé découvert en moi des ressources jusqu’alors inconnues, les peurs, l’angoisse, le stress sont partis.

Je continue d’avancer sur mon parcours de vie professionnelle et personnelle, tel un papillon déployant ses ailes, prêt à s’envoler et profiter du bel été qui s’annonce.

A bientôt,

Anaelle Halimi